Les centaures, les cyclopes, les sir nes, les dragons, les griffons, les sphinges, des tres hybrides, les diables disparates, des formes fluides et molles, des nains, des g ants, des plantes animalis es errent en peinture et en sculpture Ils s agitent, agressent, parfois se calment Chez Bosch, chez Breughel, chez Goya, dans les glises romanes et gothiques, dans les jardins de Versailles, dans les bandes dessin es et les caricatures, des monstres multiples se transforment Ils se d placent d une poque l autre, d un pays l autre On les trouve d j sur les parois des grottes pr historiques et sur les tee shirts d aujourd hui Parfois, ils hurlent et, parfois, ils murmurent et se d guisent L humanit ne cesse jamais d aimer les monstres et elle les trouve en des lieux diff rents, souvent impr visibles La fabrication du monstre constitue d abord un jeu savant, une pratique combinatoire qui compose et m lange des membres d animaux divers Les monstres sont parfois ornementaux et d coratifs Parfois, ils provoquent des interpr tations thiques, religieuses, alchimiques, philosophiques, politiques Simultan ment, ils fascinent ceux qui les regardent ils s duisent ils angoissent Le monstrueux est un cart par rapport la nature Il se nourrit de fantasmes et, en retour, il nourrit d autres fantasmes nouveauxGilbert Lascault est n enProfesseur m rite de philosophie de l art l universit Panth on Sorbonne Paris, il est crivain et critique d art Il publie des ouvrages d esth tique, des monographies Max Ernst, Botero, Christian Jaccard, Malaval , des r cits de fiction Un livre collectif est consacr ses crits Fran ois Coblence et coll Les Fables du visible et l esth tique fictionnelle de Gilbert Lascault Bruxelles, La Lettre vol e,